Collectif de soutien aux mouvements sociaux en Tunisie

Communiqué du 27 février 2021

Alors que la crise économique, sociale, sanitaire et politique frappe durement le pays et encore plus sa jeunesse défavorisée des quartiers populaires et des régions marginalisées de l’intérieur.

Alors que tous les voyants sont au rouge, que le pays est potentiellement en faillite et que la situation est bloquée en raison des basses manœuvres politiciennes.

Et alors que plus de 2000 jeunes, qui ne faisaient qu’exercer des droits constitutionnels de manifester et de s’exprimer ont été arrêtés dans des conditions faisant craindre le pire des scénarios et le retour de l’état policier et de la justice expéditive des années noires de la répression,

Le parti Ennahdha, au pouvoir depuis 2011 et responsable de la situation, ne trouve rien de mieux à faire que de mobiliser ses troupes, de toutes les régions du pays, pour descendre dans la rue, officiellement pour défendre la « légitimité » ; Curieuse manière de sortir le pays de la crise !

Attachés aux droits et libertés et à la liberté de manifester pour tous, un des acquis de la révolution, nous membres du collectif de soutien aux luttes sociales et aux mouvements de jeunes pour la liberté et la dignité en Tunisie, Tunisiennes et Tunisiens résidents à l’Etranger, partie intégrante de notre peuple, membres d’associations de l’immigration tunisienne, d’organisations politiques tunisiennes ou simplement citoyennes et citoyens considérons que :

1.       Quoi qu’il fasse, quoi qu’il dise, le parti islamiste Ennahdha, au pouvoir depuis dix ans, est comptable au premier chef de la situation et responsable de la crise économique, sociale et politique que connaît le pays.

2.       Le recours à la mobilisation de la rue par le parti Ennahdha, au pouvoir, dans la situation actuelle, au prétexte de défendre la “légitimité”, est une manœuvre populiste de plus qui risque d’entraîner le pays dans une concurrence de populismes tout aussi dangereux les uns que les autres et à l’issue incertaine.

3.       Ceux qui ont eu la confiance des électeurs se doivent d’assumer leurs responsabilités et de trouver des solutions pour sortir le pays de la crise. S’ils en sont incapables, ils ne peuvent en rendre responsables le régime politique ou les institutions, c’est d’abord leur échec.

Conscients de la gravité de la crise que traverse notre pays, nous dénonçons cette attitude irresponsable et cette fuite en avant des partis au pouvoir et appelons l’ensemble des forces démocratiques et progressistes tunisiennes, en Tunisie comme à l’étranger à se rassembler pour préserver les acquis démocratiques de la révolution et construire une solution alternative commune, politique, économique et sociale pour sortir notre pays de cette situation de crise sans précédent. 

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